Cet atelier s’interrogeait sur la place et le rapport aux quartiers amiénois, notamment aux QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville).
Une quinzaine de personnes ont échangé sur ces thèmes afin de dresser un constat, d’après eux, de ce qui va et ne va pas. Ce travail essentiel permet de définir le cadre de la discussion et doit permettre l’esquisse de propositions que pourrait mener une nouvelle majorité municipale.

⚠ Comme pour l’ensemble des rendus de cette journée du 23 juin 2019, il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un programme municipal, encore moins celui de Picardie debout !
L’objectif de ce rendu public est surtout de susciter le débat.
Vous êtes largement invités, dans la section commentaires ci-dessous, à intervenir, amender ou exprimer accords et désaccords.

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Constats

– Profusion d’initiatives solidaires, associatives ou non, encadrées ou non. Il y a une réelle richesse d’actions et d’engagement dans les quartiers, les tissus associatifs sont denses, entre les associations les plus importantes et reconnues (CS, etc.) et les associations communautaires ou à vocation unique
– Tous notent des formes de solidarités spécifiques aux quartiers et introuvables dans d’autres espaces, difficiles à décrire, mais fortement vécu.e.s
– Il y a une fierté déclarée d’appartenir à un quartier populaire, à en maitriser le plus de codes possibles
– Travail invisible des habitant.e.s à destination de leur quartier

– Etendue géographique des quartiers prioritaires de la ville (QPV) : immenses, fragmentés et dissociés les uns des autres avec un manque de cohérence territoriale (Pourquoi ici en QPV et pas de l’autre côté de la route ?)
– Au sud-est : Division « invisible » entretenue par les autorités et par les habitant.e.s aussi
– La géographie des quartiers et leurs non-connexions posent la question d’une solidarité inter-quartiers. Elle n’existe pas (plus ?) malgré des conditions d’existence matérielles objectives partagées. S’il y a une solidarité dans les quartiers, il n’y en a pas entre eux, et l’effet de concurrence se développe
– Rénovation urbaine : manque de concertations sur les travaux à envisager, « maquillage » des barres, peinture extérieure et géraniums aux balcons mais il y a toujours des fuites d’eau ou des problèmes de chauffage à l’intérieur. Manque de respect de la part des bailleurs quant à leurs obligations et difficulté d’interpellation.
– Au nord, le foncier est très cher (pas révisé depuis les années 1970 ?), l’imposition locale est hors de prix, surtout relativement aux conditions d’existence dans le quartier
– Désengagement régulier de la puissance publique : dans l’éducation (école et péri/extra-scolaire, disparition des services publics de proximité, problématiques de sécurité).
– Problème réel avec la police : violences policières, contrôles d’identité, impunité de la police dans « son jardin ».
– Impression d’abandon par la mairie : plus d’accès aux transports, sentiment d’enclavement loin du centre-ville, malgré des agressions physiques il y a un manque de réaction de la municipalité, encore moins de réponse politique alors que les habitant.e.s, les associations interpellent les pouvoirs publics
– « Stratégie du pourrissement » dénoncée : on laisse les quartiers à l’abandon et on observe de loin. Si quelque chose de bien en sort on le cueille et on le valorise en laissant le reste.
– Chômage (trop) important, repose sur et suppose des discriminations évidentes.
– Amiens Capitale Européenne de la Jeunesse : de quelle jeunesse parlons-nous ? C’est dans les quartiers qu’elle se trouve mais elle n’est absolument pas impliquée.
– Clientélisme trop présent
– Qu’en est-il des Conseils Citoyens ? À partir de quand va-t-on reconnaitre des compétences aux habitant.e.s des quartiers ? D’ailleurs pourquoi ne mettre en place des conseils citoyens qu’en quartier  ? Comment on reprend le pouvoir ?

Suggestions

Rendre davantage visible l’action locale, mise en place d’une communication renforcée sur les actions portées dans les quartiers.

Permanence des élus au moins une fois par mois en QPV (Quartier Prioritaire de la Ville)

Lutte contre le clientélisme : pas de différenciation entre les différents QPV. Dotation unique aux association, fin des appels à projet…

Mener une réelle réflexion sur les horaires de bus pour travailleurs et scolaires dans les quartiers.

Déploiement de médias propres aux quartiers.

Politique continue de formation : pour les élus et techniciens, police municipale et employeurs. Renverser la logique de ne former que ceux qui subissent les discriminations plutôt que ceux qui les déploient.

Assurer une représentation paritaire des élus, techniciens et citoyens au sein des instances délibérantes de la politique de la ville pour donner une place aux expertises d’usage des premiers concernés. Garantir la parité de ces espaces de délibération à plusieurs niveaux : parité de genre, sociale et de lieux d’habitation.

Une police de proximité avec des médiateurs et des éducateurs de rue.

Effectuer de réels bilans de l’action politique, assurer un contrôle et une évaluation par les habitants des financements publics versés dans le cadre des contrats de ville.

Installation de maisons de santé dans tous les quartiers (médecine générale, dentiste, centre de prévention et de dépistage).

Instaurer une page « Quartier » dans le JDA et autre communication municipale.

Faire respecter les clauses d’insertion pour les entreprises s’implantant en zone franche.

Mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) local pour les décisions relevant de la politique de la ville

Mise en contexte

En amont de chaque atelier, Picardie debout ! a produit des notes de mise en contexte à destination de tous les participants. Ces notes permettent de cadrer le débat, d’expliquer certains acronymes et de contextualiser par des faits et un historique des politiques menées.
Vous pouvez consulter cette note de mise en contexte ici

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Ma ville, nos quartiers (populaires)

Contexte, historique, sigles… Picardie debout ! a réalisé une note de mise en contexte pour chaque thématique.

Avant d’émettre des suggestions, les participants ont porté un regard sur la situation actuelle.

Regardez, notez et commentez les suggestions émises par les participants.