Municipales : je fais quoi ?

“Alors, tu fais quoi pour les municipales ?” Du parc Saint-Pierre au Safran, de la fête du centre de mes enfants à la Fête dans la Ville, la question revient: “Tu vas présenter une liste ou quoi ?”

Ne pas courter echine

C’était hier, à la Fête dans la Ville. Nicolas, un copain, m’alpague: “Alors, tu fais quoi pour les municipales ? Tu te présentes ? Tu montes une liste ?” J’avais mes gosses, entre la pièce de Lafleur et l’école du Cirque, entre les rayons de soleil et les averses. J’ai répondu, mais en esquivant, vite fait. Je publie ici le dialogue, en plus complet.

Nicolas : Y a un truc dimanche prochain, non ?

Le député : Oui, ce dimanche 23 juin, salle Maurice Honeste, j’irai aux ateliers “Amiens, c’est aussi le tien !” (emprunt aux Fatals picards), qui préparent les municipales. C’est avec mon ancien collaborateur, Vincent Bernardet, qu’on a mis ça sur pied. Lui s’efforce depuis quelques mois de rassembler les forces progressistes – associations, partis, citoyens. Il a bien de la patience, pour éviter les chausse-trappes, pour ne vexer personne, moi ça me gonflerait plus vite que ça.

Nicolas : Tu seras candidat ?

Le député : Non, et Vincent non plus. Je suis prêt, néanmoins, à me mouiller dans cette bataille. Mais pour parler franchement : je suis prêt aussi à ne pas me mouiller si devaient prévaloir les conflits d’ego, les querelles de chapelle, les mesquineries en tous genres. Si, également, cette élection devait servir de recyclage pour les élus des années Hollande ou des années Demailly.
Ni Vincent ni moi ne sommes, dans cette histoire, mus par une ambition personnelle. Mais bien par une ambition collective : la vie des Amiénoises et des Amiénois peut être améliorée. Pas forcément bouleversée, ni révolutionnée, mais modestement améliorée.

Nicolas : Mais concrètement, vous montez une liste?

Le député : Oui, si on parvient à rassembler. On peut perdre seul, chacun dans son coin. C’est une option. La gauche y est habituée, elle a encore prouvé cette capacité aux dernières européennes. Nous proposons un autre chemin : aux législatives de 2017, nous l’avons emporté parce que, avec intelligence, Le Parti communiste, Les Verts, Ensemble, et bien sûr la France insoumise s’étaient unis autour d’une candidature, citoyenne qui plus est.
Nous espérons réussir le même rassemblement. Elargi, si ça se trouve.

Nicolas : Avec que des partis?

Le député : Non. Il les faut. Il fait s’épargner la division. Mais nous devons ouvrir les portes et les fenêtres. Il y a, dans notre ville, des tas de gens formidables, qui n’ont jamais mis leur carte dans un parti, ni dans un mouvement, et qui ne la prendront jamais. Il faut, néanmoins, qu’ils trouvent une place, pas seulement pour dire la ville qu’ils veulent, mais pour la faire. Il le faut durant la campagne, avec une liste qui ne doit pas être réservée aux champions des appareils, laissant deux ou trois strapontins à la “société civile”.

Nicolas : Si tu ne veux pas devenir maire, pourquoi tu te bougerais?

Le député : Je vais apprendre des choses comme compagnon de cette aventure. D’abord, je vais passer de l’individuel (député, c’est un mandat assez isolé) au collectif (mettre sur pied une véritable équipe municipale). Nous allons passer, aussi, du dire (député, la seule arme c’est la parole, que de la gueule) au faire (dans les écoles, les quartiers, les centres de vacances, au plus près des habitants). Et surtout, c’est passer du “non” (non à Macron, non à la droite, non à l’argent) au “oui” (le seul rejet de Gest-Fouré ne suffira pas, l’emporter réclamera un vrai projet).
Aussi, en tant que député, j’espère avoir des élus avec qui travailler. Qu’existera un lien, un levier d’action pour des idées. Par exemple, là, sur le dossier Whirlpool-Wn, j’ai des idées, très concrètes, mais sans force budgétaire derrière, sans un service de développement économique. Pour causer comme les macronistes, on pourra “créer des synergies” !

Nicolas : Et pour Amiens, tu changerais quoi, du coup ?

Le député : Dans ce projet, en gestation, voilà ce qui me tient le plus à coeur : notre ville est pleine de talents et de bonnes volontés. Je ne le dis pas pour faire des phrases, mais parce que, constamment, je le ressens : il y a des envies. C’est le coeur de tout, les envies, et en particulier les envies des jeunes. On ne doit pas les laisser dépérir. C’est comme des graines, les envies. Il faut les arroser, les aider à s’épanouir. Aujourd’hui, en tous domaines, culturel, sportif, économique, social, musical, artistique, j’ai l’impression inverse : qu’elles restent en jachère, ces envies. Qu’elles fanent, ou qu’elles s’en vont chercher le soleil ailleurs. Là-dessus, j’en suis persuadé : nous pouvons faire bien mieux que les municipalités précédentes. La Ville doit être ça, pour moi : un incubateur d’envies.

Bref, pour conclure : je pense vraiment que, si on s’y met tous, si on remise nos vieilles querelles, on peut réussir un truc beau, grand, dont on restera fier longtemps. Une campagne qui réveille Amiens.

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